Mon don d’ovocytes – un an déjà

mains-de-mes-filles

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce billet. Un peu trop d’intimité révélée et pas le bon lieu pour le diffuser certainement. Mais en même temps l’envie de raconter cette belle expérience et de faire parler du sujet… Alors je me lance !

Il y a un an, j’ai donné des ovocytes.

Les ovocytes, ce sont les cellules reproductrices de la femme. Pour pouvoir faire un bébé, de nombreux couples rencontrent des difficultés et l’une d’elle peut être lié aux ovocytes. Dans ces cas-là, les femmes concernées doivent recourir à des ovocytes « externes » dans le cadre d’une fécondation in vitro. Et c’est là que le don d’ovocytes intervient. Des femmes, qui ont moins de 37 ans, ayant eu ou non des enfants, peuvent faire don de leurs ovocytes en bonne santé. Ils sont ensuite utilisés (dans la foulée pour mon cas, je ne sais pas si c’est systématique) et peuvent, si tout se passe bien, permettre aux femmes d’être (enfin) enceintes.

Comment se passe un don d’ovocytes ?

Tout est bien expliqué sur le site dondovocytes.fr de l’agence de la Biomédecine qui encadre les dons d’ovocytes et de spermatozoïdes.
Concrètement, voici comment cela s’est passé pour moi :

  1. RDV en février 2015 avec l’équipe du centre d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP), au CHU de Grenoble (Hôpital Couple Enfant). J’y ai rencontré d’abord une psy, pour échanger (et vérifier sans doute mes motivations et mon état d’esprit, répondre à mes questions), puis les 2 médecins qui gèrent les dons : l’une gynéco (Pr Hoffmann) et l’autre biologiste (Pr Hennebicq). Nous avons beaucoup parlé du don, pour m’expliquer les grandes étapes et elles ont vérifié qu’il n’y avait pas d’incompatibilité (que je remplissais bien les critères, par rapport à mes antécédents médicaux et au fait que j’ai déjà des enfants. A l’époque, il fallait avoir eu au moins un enfant ; ce n’est plus le cas depuis fin 2015).
  2. Ensuite, cela a été l’étape « bilan de santé », avec des analyses biologiques et la réalisation d’un caryotype (pour écarter tout problème génétique). Cela a pris un peu de temps, car je n’ai pas réalisé les analyses au CHU et le caryotype est, de ce que j’en ai compris, assez long à réaliser.
  3. Début juin, avec mes résultats en poche, nouveau RDV au centre AMP, pour planifier le don, voir l’anesthésiste et récupérer les médicaments. L’anesthésiste m’a expliqué que la ponction des ovocytes pouvait être réalisée avec une anesthésie locale (au départ je pensais que ça serait une anesthésie générale) ou par hypnose. J’ai choisi l’hypnose. Côté gynéco, elle a retiré mon stérilet pour qu’un cycle normal puisse commencer. Tout débute au moment des règles, avec les premières piqûres pour la stimulation hormonale. Ensuite, j’ai récupéré un grand sac de médicaments, pour la durée du traitement et après la ponction. Nous avons planifié au maximum les choses, compte tenu de mes contraintes professionnelles et personnelles et de la durée supposée de stimulation.
  4. Fin juin, j’ai pu commencer la stimulation : tous les soirs, une piqûre, réalisée par une infirmière libérale, à la maison. Un peu d’angoisse pour la 1ère (comme tout le monde, je ne raffole pas des piqûres ! Et un peu peur de l’effet secondaire des hormones), mêlée à un peu d’excitation de démarrer le processus. Mais tout s’est très bien passé. Les effets de la stimulation sont ensuite régulièrement contrôlés par une échographie et une prise de sang. J’ai eu une vie tout à fait normale pendant les 10-15 jours environ qu’ont duré la stimulation (j’ai même réussi à me piquer toute seule à l’infirmerie de Disneyland ☺️ – vie tout à fait normale disais-je !). J’ai  juste ressenti de temps à autres quelques très légères douleurs, similaires à des douleurs de règles.
  5. Le jour de la ponction est arrivé (déterminé selon la maturité des ovocytes), 2 jours avant mon 34e anniversaire ! RDV au CHU à 8h. L’arrivée au bloc opératoire a été un peu impressionnante, car il y avait beaucoup de personnel médical, mais l’anesthésiste m’a très bien prise en charge. Je n’ai eu que peu de douleurs : j’ai été anesthésiée par hypnose (je suis partie sur une plage des Seychelles ☺️) avec tout de même un peu de produit anesthésiant quand j’avais mal. La ponction a été rapide (plus rapide que ce que j’imaginais – une vingtaine de minutes) puis ils ont remis mon stérilet. Tout s’est très bien passé. Je suis restée quelques temps en salle de réveil puis j’ai dormi dans ma chambre (j’étais un peu shootée quand même !). Je suis sortie en début d’après-midi, accompagnée par une amie proche. J’ai continué de me reposer l’après-midi chez moi, car j’étais encore un peu « à l’ouest ».

Au final, j’ai eu moins mal que ce que j’imaginais, que ce soit pendant le traitement hormonal, pendant la ponction ou après. La dernière étape a été de prendre de la progestérone pour que tout revienne à la normale et faire un contrôle chez mon gynéco le mois suivant.

Pourquoi faire un don d’ovocytes ?

Pour pouvoir donner une chance supplémentaire aux couples malchanceux d’avoir un enfant. Car c’est la plus belle chose au monde. Quand mon mari et moi avons souhaité construire notre famille, nous n’avons pas rencontré de difficulté particulière. Je trouvais ça donc assez injuste quelque part.

C’est grâce à l’excellente blogueuse Ginie de FemmeSweetFemme que j’ai entendu parler du don d’ovocytes initialement. J’avais regardé à l’époque la manière dont le don se passait. Mais cela m’avait semblé trop « lourd » à ce moment-là : je sortais de ma 2e grossesse et j’allaitais ma fille, je venais de reprendre le travail… Et puis, toujours sur le blog de Ginie, j’ai lu, lors d’un billet « bilan » de fin d’année, en décembre 2014, les commentaires de ses lectrices. J’y ai lu la souffrance de beaucoup de femmes, qui n’avaient pas encore eu la chance de pouvoir tomber enceinte et qui se souhaitaient de l’être pour 2015. Ca a fait tilt. Je me suis dit que ça serait mon projet de 2015. J’ai pris RDV au CHU le 7 janvier.

Où se renseigner ?

Sur le site de l’agence de la Biomédecine, dondovocytes.fr. Il y a des explications assez précises, avec des témoignages de donneuses et de receveuses. L’essentiel est de s’informer, pour vous faire votre propre idée et voir si cela peut vous correspondre. Personnellement, je n’avais jamais entendu parler du don d’ovocytes avant… Si je raconte mon expérience ici, c’est pour ajouter ma pierre à l’édifice et si je pouvais avoir donné l’envie à quelqu’un de se lancer, ça serait merveilleux !

 

Ma conclusion

Le don d’ovocytes est un merveilleux don de soi, de quelques cellules qui sont tellement importantes pour pouvoir avoir la chance d’avoir un enfant.

C’est assez prenant, très engageant, mais sur une période courte et j’en ai retiré une telle fierté personnelle, que je ne peux que vous conseiller de vous lancer, si le coeur vous en dit. Tout le personnel médical que j’ai rencontré à cette occasion a été très prévenant et bienveillant. Une très belle expérience.

Savoir en plus que les ovocytes sont utilisés de suite, cela rend les choses très concrètes. Par contre, je ne connais pas précisément le nombre d’ovocytes recueillis ni le nombre de couples qui ont pu en bénéficier, ni même si des enfants sont nés. Ce sont les règles et elles me vont très bien ! Si cela n’avait pas marché, le savoir serait trop décevant et je ne veux pas non plus me projeter particulièrement. Je considère que je n’ai donné que quelques cellules et que le reste ne m’appartient pas, comme quand on fait un don de sang finalement.

Dans mon cas, je ne connaissais pas de couple qui avaient besoin d’ovocytes. Si cela avait été le cas, ce couple aurait eu une meilleure place dans la liste d’attente.

Ce don m’a aussi permis d’échanger régulièrement avec Ginie, l’initiatrice de mon don, et ça a été le bonus super sympa ! Je lui ai raconté mon parcours au fur et à mesure, j’ai beaucoup aimé ce côté ‘journal de bord’ et les échanges que nous avons eus ensemble.

Et le 2ème bonus rigolo, ça a été d’être interviewée par le magazine Glamour dans leur numéro de février 2016 consacré au sujet en partie :) (il y a quelques approximations cependant, mais dans l’ensemble cela reflète ce que j’ai dit !).

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Si vous avez des questions sur le sujet, n’hésitez surtout pas !

Mélanie

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15 Comment

  1. Un très beau geste, j’ai malheureusement passé l’âge, mais çà me parle beaucoup, mon amie d’enfance ayant eu beaucoup de mal à avoir des loulous. A l’époque ou j’aurais pu le faire, il fallait avoir eu un enfant et j’ai moi même été maman un peu sur le tard pour la première fois. Hormis l’aspect médicamenteux, je crois que tout comme toi j’aurais aimé faire ce geste pour les couples désireux d’avoir des enfants, j’en ai deux et ce n’est que du bonheur au quotidien ! Bonne soirée

    1. Mélanie - Motifs-Addict says: Répondre

      Merci Anikenitet :) Par rapport au traitement médicamenteux, de mon côté, j’ai eu, selon la gynéco, une réaction « moyenne », donc pas spécialement de douleurs. D’autres femmes souffrent davantage, c’est vrai, mais comparé aux douleurs d’un accouchement, ca ne doit pas être grand chose !! (depuis que j’ai accouché, l’accouchement est mon repère en terme de douleurs !!)

  2. Merci de cette générosité.

    1. Mélanie - Motifs-Addict says: Répondre

      Merci Monoi. J’en ai profité pour découvrir ton blog. J’espère sincèrement que la roue tournera rapidement pour toi et ton conjoint…

  3. céline cammalleri says: Répondre

    Bonsoir Mélanie !
    Ton histoire me parle beaucoup. Je suis en train de me renseigner sur le don d’ovocytes depuis quelques semaines, mais je n’arrive pas à avoir de réponses concrètes (je tombe malheureusement toujours sur des gens pressés ou peu aimables…)
    Les deux centres les plus proches de chez moi sont Lyon et Grenoble (pour l’instant j’ai contacté l’hôpital de Lyon) mais j’aimerais savoir s’il est possible de faire les rdv préalables au don dans un centre hospitalier plus proche de chez moi (il y a un AMP tout près de chez moi). J’habite à 2heures de Grenoble et de Lyon, si je dois m’y rendre pour chaque visite cela risque d’être compliqué (voire impossible) avec mon employeur…
    Tu écris que tu n’as pas « réalisé les analyses au CHU », pourrais-tu m’en dire plus ?
    Merci d’avance pour tes informations !

    1. Mélanie - Motifs-Addict says: Répondre

      Bonsoir Céline,

      Merci pour ton commentaire et bravo pour ta démarche, c’est très chouette !

      Dommage que pour l’instant ça te semble compliqué :(
      Pour ma part, je n’ai fait que 3 RDV au CHU de Grenoble : le 1er pour les renseignements et les analyses médicales, le 2e pour lancer la démarche et le 3e pour la ponction. Sache que les frais de transport pourront t’être remboursés (je ne sais pas par contre pour l’aspect travail : j’ai pris sur mes RTT pour y aller.
      Ce que je n’ai pas fait au CHU (et que j’aurai pu/dû) :
      – les analyses médicales du 1er RDV n’ont pas pu se faire, car je ne suis pas facile à piquer pour la prise de sang. Donc j’ai eu une ordonnance et j’ai fait l’analyse de sang et le caryotype au laboratoire d’analyses médicales à côté de chez moi.
      – le suivi une fois que la stimulation hormonale a commencé : prises de sang et échographies. Je les ai faites dans plusieurs labos différents, selon mes contraintes professionnelles et personnelles. Ca demande un peu de disponibilité les matins (mais j’ai toujours travaillé à l’heure habituelle ensuite, ils sont souvent arrangeants dans les labos et si tu planifies bien, ça doit se faire en douceur). J’ai juste fait un suivi au CHU de Grenoble un samedi matin, car l’équipe préférait les faire eux-mêmes (on était en fin de stimulation).

      Est ce que tu as consulté le site de l’agence de la biomédecine pour trouver le centre le plus proche de chez toi ? Car je ne pense pas que tous les centres d’AMP s’occupent des donneuses d’ovocytes.
      Si ça peut t’aider à choisir, sache que l’équipe de Grenoble a été super, du début à la fin :)

      J’espère que tu pourras donner sans que cela soit trop contraignant pour toi. A bientôt ! Mélanie

  4. Je trouve ton témoignage très rassurant pour moi qui commence à m’intéresser à ce don, qui suis convaincue de son utilité, mais qui crains un peu les aspects médicaux.
    Bravo en tout cas d’avoir passé le pas et d’en parler si bien !

    1. Mélanie - Motifs-Addict says: Répondre

      Merci Eulalie :)
      Bravo à toi de t’intéresser au don d’ovocytes ! Pour les aspects médicaux, quelle est la partie qui t’embête le plus ? Les injections et contrôles avant la ponction ou la ponction en elle même ? Les réactions à la stimulation hormonale vont être différentes d’une femme à une autre. Et pour la ponction, personnellement je m’attendais à pire ! Est-ce que tu as déjà pris contact avec le centre le plus proche de chez toi ? Tu pourras leur poser toutes tes questions et voir si cela te rassure. C’est un magnifique geste en tout cas, mais ne le fais que si tout te convient.
      N’hésite pas à me tenir au courant !
      Mélanie

  5. […] pas mal réfléchi à ce sujet quand j’ai entamé mon don d’ovocytes. Pour moi, c’est ma sensibilité aiguë à tout ce qui touche aux bébés et à la fondation […]

  6. STEPHANIE PESTANA SANTOS says: Répondre

    Salut Mélanie, Très joli témoignage… !
    Je suis en plein dans le processus de don… j’en suis au stade des 2 piqûres (gonal et orgalutran) et semaine prochaine ponction… je m’inquiète un peu suite à un témoignage que j’ai lu… en fait j’ai aucun symptôme actuellement, et la gynécologue fait que de me dire, vous n’avez pas mal…etc… ca va arriver… car y’a plein d’ovocytes et des gros… j’ai peur d’être en hyper stimulation et que cela cause préjudice après la ponction…. Ressentais tu des douleurs pendant le traitement de la stimulation ?
    Merci pour ta réponse !

    1. Mélanie - Motifs-Addict says: Répondre

      Merci Stéphanie ! C’est génial que tu sois en plein processus !
      Je n’ai pas vraiment eu de douleurs pendant la stimulation hormonale. La gynéco m’a dit que j’avais une réaction « moyenne », donc pas trop de douleurs du coup et des ovocytes dans la moyenne aussi.
      Pendant la ponction aussi, les douleurs étaient correctes et l’anesthésiste me mettait plus de produit quand j’avais mal. Apres la ponction, j’étais dans les vapes le restant de la matinée donc j’ai bien dormi, l’anesthésie m’avait quand même bien shoutée. Et ensuite je suis retournée chez moi, un peu de douleurs encore (c’était canicule en plus ce jour là !) mais le lendemain quasi rien.
      N’hésite pas si tu as d’autres questions ! A bientôt

  7. Bonjour les filles… Je suis en pleine reflexion sur le don d’ovocytes….. je me bats contre les kilos depuis des années, et ma question serait de savoir si la prise d’hormones vous a fait grossir? Merci pour vos réponses

    1. Celine Cammalleri says: Répondre

      Bonjour Stéphanie. De mon côté je n’ai pas remarqué de prise de poids. J’ai juste eu le ventre gonflé sur la fin de la stimulation. Et je n’ai eu aucune gêne, inconfort ou autre.
      Je ne peux que t’encourager à te lancer dans ce beau geste 😉

      1. Mélanie - Motifs-Addict says: Répondre

        Coucou Céline :) merci pour ta réponse !!

    2. Mélanie - Motifs-Addict says: Répondre

      Bonsoir Stéphanie,
      Comme Céline, je n’ai pas spécialement pris de poids. Le traitement est court finalement, donc je ne pense pas que ce soit l’occasion de prendre du poids. Est ce que tu t’es déjà renseignée sur le site ou directement au CECOS le plus proche de chez toi ? Ils pourront sans doute te répondre plus précisément. C’est une super aventure et un don très généreux : n’hésite pas à te renseigner pour voir si cela te convient. N’hésite pas à revenir nous dire où tu en es :)

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